Carte blanche: Après l'affaire du Samusocial de Bruxelles, optons pour une plus grande transparence

L'affaire du Samusocial de Bruxelles a causé une onde de choc auprès des travailleurs sociaux, des donateurs et des personnes dans le besoin. La confiance est trahie, la réputation de tout un secteur est ternie. C'est déplorable. Plus que jamais, les associations ont besoin du soutien des donateurs car les besoins sont importants et les subsides publics diminuent. Pour rétablir la confiance, les associations feraient bien d'opter pour la transparence financière suivant un modèle reconnu et contrôlé par une instance indépendante. 

 

La question n'est pas toujours de savoir s’il y a eu une enfreinte à la loi. Le paiement de jetons de présence aux administrateurs, même dans une organisation philanthropique, n’est pas interdit. La plupart des administrateurs du secteur associatif sont des volontaires qui croient en l'importance sociale de leur mandat. Le paiement de jetons de présence au Samusocial de Bruxelles est principalement une question de principes éthiques. Là aussi, la transparence et l'information au donateur sont essentielles. Les donateurs qui souhaitent savoir si leur don est correctement utilisé, recherchent une information fiable et compréhensible: une information transparente sur les financements et le fonctionnement des organisations philanthropiques. Mon expérience m'apprend que la majorité des organisations n'ont aucun problème à fournir ces informations, chaque année de surcroit. Avouons-le: la plupart des organisations sont de bonne foi et peuvent fournir la garantie que leurs comptes contrôlés sont publiés en toute transparence.

 

Néanmoins, l'affaire du Samusocial démontre qu'il y a encore beaucoup à faire en matière de transparence et c'est peut-être une vraie opportunité pour le monde associatif voire la philanthropie en général. Le screening des comptes par une instance indépendante ne devrait-il pas devenir obligatoire ? Ne faudrait-il pas lier l'octroi de l'agrément pour la déductibilité fiscale des dons au respect de règles strictes de transparence, contrôlé par une instance indépendante et reconnue? N'est-il pas temps d'activer notre intelligence collective pour coordonner les efforts en matière de contrôle, de reporting et de publication des comptes suivant un schéma adapté à la spécificité du secteur associatif? Un cadre légal n'est-il pas souhaitable?

Cela pourrait inciter certaines organisations philanthropiques, encore trop opaques, à respecter des principes éthiques élevés et encourager la générosité du public envers toutes celles qui offrent déjà cette garantie.


Une plus grande transparence, c'est bien le minimum que nous pourrions exiger pour (r)établir la confiance du donateur et agir pour un monde plus juste et plus solidaire.

 

Pascale Gonda

Coordinatrice de Donorinfo

pascale@donorinfo.be

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