Médecins sans frontières : nous suivons l'évolution de la pandémie depuis qu'elle a émergé en Chine

Marianne Colpaert, responsable de la récolte de fonds et Céline Ronquetti, responsable des relations presse de MSF Belgique expliquent comment MSF vit actuellement la crise sanitaire et quelles sont les perspectives à moyen terme.

Comment la crise sanitaire a-t-elle été vécue chez MSF ?  Comment rebondit l’association

MSF n’était évidemment pas habituée à ce genre de confinement en Belgique alors que cela s’est produit plusieurs fois ailleurs sur le globe. Les mesures ont été appliquées par notre personnel. MSF suit l’évolution de la pandémie depuis qu’elle est survenue en Chine. MSF a spontanément proposé son aide aux autorités belges. Travaillant déjà au Hub humanitaire à la gare du nord de Bruxelles avec d’autres associations, MSF s’est plus spécifiquement occupé des patients issus du Hub humanitaire et qui présentaient des symptômes. C’est ainsi qu’un équipe dédiée à aménager un espace sur le site de Tour & taxis. 

MSF a prodigué des conseils et donné des formations à la gestion des épidémie dans plusieurs hôpitaux en Wallonie et en Flandre: comment organiser la déambulation, assurer le soutien en santé mentale et gérer la détresse dans l’urgence, mais aussi des formations pour prévenir les infections et protéger le personnel médical de l’infection, etc.  MSF a une solide expertise sur cette gestion de crise et en a fait bénéficier le personnel médical. À Bruxelles, ce sont plutôt les maisons de repos qui ont fait appel à nos formations et à notre expertise. Le personnel de beaucoup de ces institutions était démuni pour gérer un tel flux de détresse et n’était pas préparé suffisamment à cette crise qui s’est révélée gravissime dans les maisons de repos. On avance que 51% des personnes décédées du Covid-19 sont décédées en maison de repos. Le personnel et les personnes âgées ont vécu des heures absolument terribles. Apaiser les esprits suite à un traumatisme d’une telle ampleur fait aussi partie de l’expertise de MSF.

Est-ce que vous avez perçu une incidence de la crise sur les dons des particuliers et des entreprises ? 

Les donateurs ont bien répondu à des appels aux dons. Nous avons lancés des actions sur le thème du covid-19 et notamment un spot avec appel aux dons.  Aucun recrutement de sympathisant n’a évidemment été possible en face à face. Pour l’instant, les indicateurs ne sont pas mauvais mais pour la fin d’année, on anticipe de potentielles difficultés au niveau des rentrées en termes de dons. 

Est-ce que la crise sanitaire a créé de nouveaux besoins ? Est-ce que les mesures prises vous ont fait réfléchir à de nouvelles manières / canaux / publics pour mener à bien votre mission ? 

Notre intervention diminue car l’épidémie semble maîtrisée en Belgique. L’idée n’est pas que MSF interviennent dans les hôpitaux en Belgique car ils fonctionnent bien et le système sanitaire belge est performant. Dans les maisons de repos, MSF a fait un certain nombre de recommandations pour la gestion de la 2ème vague.

Une crainte particulière ? 

L’épidémie se termine en Belgique mais le covid-19 est mondial et il est arrivé au Brésil et au Yemen qui font partie des terrains d’intervention de notre ONG. Nous sommes clairement inquiets pour plusieurs zones d’intervention. Si le Covid doit se déclarer dans un camps de réfugiés ou dans une zone de conflit sans équipements et services sanitaires largement développés et disponibles comme cela est le cas dans nos contrées, on peut facilement imaginer  les conséquences dramatiques que cela peut avoir.