On peut apprendre à communiquer avec les donateurs : le témoignage de Gymsana

Gymsana op donorinfo.be‘Grâce à Donorinfo nous pouvons introduire plus de rigueur dans la communication sur nos activités et nos chiffres’ – la face cachée des chiffres de Gymsana.’ 

 

Il ne suffit pas de bien faire son travail, il faut aussi communiquer sur ce qu’on fait et les résultats qu’on obtient. C’est la leçon retenue par Gymsana. Donorinfo est allé parler avec Thierry Boutte, de l’ASBL Gymsana, de la réalité qui se cache derrière les chiffres de son association.

Racontez-nous ce que fait Gymsana.

"L’activité de Gymsana se situe au carrefour entre le travail social, la santé et le sport. Nous proposons des sessions hebdomadaires d’activité physiques adaptée (APA) aux seniors, aux personnes handicapées et aux personnes atteintes de maladie chronique, entre autres la prévention des chutes, la marche nordique pour les patients atteints de Parkinson et pour ceux qui se remettent d’un cancer, des activités en tandem 'aidant-aidé' pour les patients atteints d’Alzheimer. De cette façon nous améliorons l’autonomie des patients et nous prévenons l’isolement. Aujourd’hui nous aidons environ 1800 personnes dans 150 groupes en Wallonie, à Bruxelles et dans une moindre mesure en Flandre. Notre rêve et notre ambition serait que, dans les dix ans et dans chaque commune belge, des cours d'activité physique adaptée à la situation de chacun puissent être proposées dans chaque commune belge."

De quels moyens avez-vous besoin pour faire votre travail ?

"Notre principal défi est de payer le salaire les collaborateurs qui dispensent et encadrent les sessions. Nous faisons travailler 15,5 équivalents temps plein, ce qui correspond à 20 personnes. Comme entreprise sociale, nous ne voulons pas créer des emplois précaires ou travailler avec des formules 'light', tels que des indépendants. Tous nos collaborateurs sont salariés.

 

Notre seconde priorité, ce sont les transports. Nous voulons autant que possible proposer des activités dans toutes les communes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous ne voulons surtout pas oublier les zones isolées ou précarisées. Cela nécessite des voitures et du carburant… Nous réfléchissons à tout moyen innovant et écologique pour assurer ces déplacements."

Comment faites-vous pour optimiser l’utilisation de vos moyens ?

"Nous nous faisons aider par une ASBL spécialisée qui nous accompagne dans la rédaction de nos plans financiers et la bonne tenue d’outils de suivi de trésorerie. De plus, nous avons élaboré avec le soutien du programme Ashoka Accenture Impact une méthode pour véritablement démontrer à nos donateurs le bénéfice de notre activité auprès des bénéficiaires. Nous publions chaque semestre un rapport reprenant trois marqueurs: le nombre de sessions mensuelles, le nombre de personnes ayant participé chaque semaine, et les endroits où les sessions ont eu lieu. 

 

Nous participons aussi à des études scientifiques sur l’importance de l'activité physique adaptée. Ces études montrent que ces thérapies réduisent les coûts de santé publique: elles évitent des maladies et des problèmes physiques, réduisent le nombre d’hospitalisations et la prise de médicaments, et ce quel que soit l’âge. Ces études nous aident dans notre dialogue avec les pouvoirs publics.

 

Nous nous sommes rendus compte qu’à côté du « savoir faire », il y a le « faire savoir »; nous devons aussi bien communiquer et  c’est un fameux métier. D’année en année nous nous améliorons dans ce domaine. Outre nos comptes publiés à la banque nationale, notre rapport annuel d’activités et les informations diffusées par Donorinfo, nous avons créé un fil d’infos sur notre nouveau site et sur la page Facebook. En ce moment, nous réfléchissons à relancer notre lettre d’information, mis entre-parenthèses voici trois ans faute de temps et d'argent."

D’où proviennent vos revenus?

"Actuellement, nous sommes financés à 15 % par des subsides publics. Les participants à nos activités participent pour 60 % de nos revenus, mais le coût de celles-ci ne doit jamais être un obstacle. 25 % des ressources de notre asbl émanent des dons privés. Un mécène s’est engagé avec nous sur quatre ans pour garantir 4,5 équivalents temps plein pendant quatre ans.

 

Notre budget idéal serait 2/3 financés par les participations des bénéficiaires (abonnements aux séances) et 1/3 financé par les dons privés. C’est vraiment difficile de rester constamment à la recherche de financements de projets. Nous voudrions privilégier le travail avec de gros donateurs qui s'engagent à nous financer sur plusieurs années. 

 

Notre demande auprès des pouvoirs publics et des mutuelles est d'investir dans des campagnes d'information et de sensibilisation sur l'importance de l'exercice physique pour rester autonome le plus longtemps possible."

Comment trouvez-vous des donateurs privés ?

"Là aussi nous apprenons… en se trompant quelque fois. Avec en fil rouge une question qui nous taraude: avons-nous le droit d’affecter dans la communication de l’argent que nous avons déjà pas en suffisance pour accompagner les personnes fragiles?  Nous avons mis un encart dans un dossier 'philanthropie' en fin d’année dans un journal. Nous avons mis notre appel à des dons déductibles sur nos flyers présentant les activités de l’asbl. Mais à ce jour, les résultats émanent davantage de contacts personnels, via notre réseau ou via celui d’ Ashoka ou de la Fondation Roi Baudouin qui nous ont beaucoup aidé."

Qu’attendez-vous de Donorinfo ? 

"Pour atteindre notre objectif de financer notre budget pour un tiers par des dons privés, nous avons opté pour une communication de nos données sur la plateforme indépendante: donorinfo.be. Cela nous aide à introduire plus de rigueur dans la communication sur nos activités et nos chiffres. Notre démarche vis à vis de Donorinfo résulte de notre stratégie : nous entourer d’experts  qui permettent de nous professionaliser."