Take Off : En septembre prochain, l'enseignement à distance va exploser !

 

Donatien d’Hoop, directeur général de Take Off, voit l'enseignement à distance se développer très largement dans les mois à venir. Il nous explique comment l'association vit la crise sanitaire.

Comment la crise sanitaire a-t-elle été vécue chez Takeoff ?  Comment rebondit l’association ?

'Le confinement a été brutal. Le vendredi 13 mars avait lieu la journée pyjama que l’on organise avec Benet et OUFtivi. Le confinement a débuté 16 mars dans les écoles. Cette journée du pyjama longuement préparée s’est transformée en flop. Le taux de participation était 4,5 fois inférieur à l’année dernière. 

Du jour au lendemain, l’équipe de Take Off s’est retrouvé sans boulot puisque les classes étaient fermées. Du coup, on a réfléchi et on a commencé des petites actions avec, notamment une grande collecte d’oeuf de Pâques. On a offert 40 kg d’oeuf en chocolat à des hôpitaux qui accueillent nos enfants en convalescence. L’ULB nous a contacté pour que Take Off prête des ordinateurs permettant de faire passer des examens aux étudiants qui ne sont pas équipés. Certains CPAS nous ont aussi appellé pour les mêmes raisons. Avec notre expérience des cours à distance, Take Off a lancé un helpdesk pour aider les enseignants à mettre en place leurs classes virtuelles. Un aide-mémoire du genre mode d’emploi pour utiliser les plateformes de vidéo conférence a aussi été élaboré pour le corps enseignant.' 

Est-ce que vous avez perçu une incidence de la crise sur les dons des particuliers et des entreprises ? 

'En termes de dons, les gros sponsors n’ont pas confirmé leur promesse. C’est ainsi qu’un important acteur de l’horeca et un autre dans la construction ont reporté leur décision d’appuyer l’asbl. Ces promesses de dons tourne autour 30.000 euros. Ils ne seront peut-être jamais versés à Take Off. Du côté des dons particuliers, on voit une légère baisse mais Take Off n’a pas une base très étendue de donateurs particuliers.' 

Est-ce que la crise sanitaire a créé de nouveaux besoins ? Est-ce que les mesures prises vous ont fait réfléchir à de nouvelles manières / canaux / publics pour mener à bien votre mission ? 

'Ce que cette crise a mis en évidence, c’est l’énorme fracture numérique qui persiste. On se rend compte que des jeunes qui n’ont pas d’ordinateur à disposition ne sont dès lors pas en capacité de suivre les cours. Les pouvoirs publics doivent jouer leur rôle à ce sujet. Takeoff est prêt à mettre son expertise au service des écoles. 

En septembre, tous les enfants qui présentent des risques par rapport au Covid-19 (problèmes immunitaires, problèmes respiratoires…) vont devoir suivre l’enseignement à distance : les parents s’informent actuellement pour la rentrée et sont demandeurs de classes à distance. Un boom des inscriptions pour les cours à distance est à prévoir chez Take Off… Il nous faudra donc des ordinateurs et des équipements supplémentaires.'

Une crainte en particulier ? 

'La crise économique qu’on anticipe aura forcément un impact sur l’appui financier des sponsors, des particuliers et également de l’État. Ma crainte est que tous nos appuis financiers diminuent à court mais également à long terme vu l’étendue la crise qu’on anticipe.'